Articles by N. Swith

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Waves

Music had stirred him like that. Music had troubled him many times. But music was not articulate. It was not a new world, but rather another chaos, that is created in us. Words ! Mere words ! How terrible they were ! How clear, and vivid, and cruel ! One could not escape from them. And yet what a subtle magic there was in them ! They seemed to be able to give a plastic form to formless things, and to have a music of their own as sweet as that of viol or of lute. Mere words ! Was there anything so real as words ?

O. Wilde, The picture of Dorian Gray

1.21 Quelque chose peut isolément avoir lieu ou ne pas avoir lieu, et tout le reste demeurer inchangé.

TLP, L. Wittgenstein

Malgré ma guerre contre le règle règne de l’Espérance, je crois que je n’ai jamais jamais eu autant d’espoir dans un énoncé philosophique tel que celui-ci et que je ne pensais pas être surpris en flagrand délit en ouvrant cet ouvrage à ce moment donné. Maintenant souligné et accompagné d’un petit commentaire : « Quelque chose peut-il réellement avoir lieu isolément ? » C’est bien parce que la description du TLP est sans le Temps qu’elle ne voit pas ce genre de problème. Le paradoxe est que ce sont peut être les choses que l’on pourrait croire les plus inconséquentes qui ont le plus de conséquences. Une raison de plus pour accorder de l’importance aux petites choses et d’ignorer ce qui prend tant de temps.

Antre

— Alors que dois-je écrire au capitaine ? s’écria Édouard, car il faut que je m’y mettre sur-le-champ.
— Une lettre calme, raisonnée, consolante.
— Autant dire rien du tout ! reprit Édouard.
— Et cependant, dans bien des cas, répondit Charlotte, il est nécessaire et amical d’écrire des riens plutôt que de ne rien écrire.

Goethe, Les affinités électives

Autre

Il y sans doute des choses intéressantes à raconter ou à écrire depuis qu’une connexion décente au réseau s’est installé chez moi mais je crois bien que les chemins du silence me plaîsent. Ce n’est pas comme si je ne disais plus rien mais bien plus que je n’arrive plus à faire parler ce rien qui pour me contredire ne fait que croître dans l’expansion du manque (de temps surtout, le reste va plus que bien).

Je dois me confesser, j’ai écris beaucoup de lettres sans jamais en faire part aux destinaires. C’est un exercice troublant, j’aime à croire que c’est l’inverse strictement de ces guignolades d’écritures intimes qui s’exposent sans l’avouer mais toujours avec cette arrière-pensée que ce qui est fait pour être écrit est fait pour être lu. Je préfère donc détruire ces correspondances plutôt qu’autre chose, c’est une simulation rituelle qui remplace bien d’autres rites de comédiens. Je m’en contente et puis … J’espère voir survivre ceux qui font de même. Ranger ou brûler, les textes fonctionnent alors de la même manière. Quand on a des idées ou l’intention d’en avoir, c’est simplement criminel de dilapider les possibilités d’écrire et de croire que toute la littérature peut tenir en un seul lieu, que tout est littéraire au détriment des idées claires. C’est donc tout autant un crime que de se taire parce que l’on ne dit rien ou que l’on veut trop dire en une seule fois. L’urgence n’est pas dans le nombre de mots, vite et beaucoup, mais dans la mise à nu par la difficulté de la multiplication des styles.

Dent

Les bourdonnements sont revenus. Le symptôme n’est qu’un compromis. J’ai du lire ça dans de la littérature psy ou patho. Les signes sont regroupés la descente de grandes rues en regardant béatement l’alignement des lampadaires, se réjouir de l’étrange bruit sourd de la circulation parisienne et, dans d’autres circonstances avoir cette étrange impression qu’il manque une image sur deux comme si le film avait été réalisé avec un appareil photo. Le temps, devenu minuscule, m’a été volé mais je crois que ça remonte à bien plus longtemps que cela. C’est comme s’il ne s’était rien passé depuis cet hiver. Quand on me pose la question, je répond généralement évasivement qu’il n’y a qu’à aller voir du côté de la bibliographie de mon autre vie. Mais en réalité, je me souviens de choses donc quelque chose à s’effacer ou à se faire disparaître (les images ?). J’ai vu d’autres personnages mais tout s’agite comme pour me faire croire qu’ils ne sont que fiction. J’ai par exemple lu Anne ou quand prime le spirituel. Le roman m’a beaucoup plu et je pourrais certainement en faire une synthèse comme j’en ai l’habitude par la copie. Non pas que je me pense au niveau de Momone mais simplement parce que c’est ça l’effet de la bonne littérature quand les mots commencent à traverser le quotidien du lecteur.

J’éprouve cependant un dégoût profond pour ceux qui prétendent savoir ce que veulent dire lire et écrire. J’ai l’intime conviction que je ne saurais jamais ce qu’est l’écriture et la lecture et c’est pour cela que je me permet d’y dépenser une énergie folle. L’écriture ne devient torture que dans la négation de cette énergie, autrement dit dans la tension que l’on peut éprouver face aux vides du langage.

Donc après en avoir fini avec Anne, je me suis rendu à Sainte-Geneviève et son ambiance Richelieu plutôt qu’à « la Nationale », dans sa version récente, qui est un peu mon chez moi en ce moment. J’y ai retrouvé cette ambiance à base de table en bois et de chuchottements. Ca n’a durer que trente minutes parce que c’est simplement insoutenable de n’avoir que la moitié de l’image.

Finalement, j’ai fini et puis …

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