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En toute ludologique, une partie terminée ne devrait pas avoir d’effets sur les suivantes, les précédentes et les contemporaines. Cependant, il faut croire que la phénoménologie de l’esprit n’est pas disposée à suivre les règles du jeu. C’est assez pénible d’écrire sur une défaite qui bouscule le plateau en cours par un simple jeu d’ombre. Je voudrais arrêter de penser la chute d’un pion, dire que j’ai mis en scène assez de signes pour faire comme si il n’y avait plus rien de possible. La partie est terminée, je ne veux plus y penser, plus y passer de temps, ne pas repasser par les mêmes chemins. Dans le monde des chemins symboliques, contrairement à ceux de la forêt, plus le passage est usée et moins il se transforme en sentier, en lieu balisé. J’ai peur de couper le fil d’exécution de ce scénario. Déjà qu’à portée de la conscience et du regard, je n’arrive toujours pas à le faire taire ni se terminer, je suis tout simplement terrifié à l’idée de m’en détourner. J’ai peur que les acteurs ne mènent leur propre vie et prennent une place tellement considérable ce qui les rendrait à nouveau visible mais surtout cruciaux et centraux. L’espace de mon cerveau est trop petit pour contenir ceux là. Comment est-ce possible pour un esprit de penser à deux choses simultanément alors que le temps reste unique ? Comment faut-il alors compter le temps de vie ?

Pourtant. Je ne peux faire semblant, je nie mes principes car il suffirait de quelques mots, quelques explications pour rendre plus commodes la distances et l’éloignement relationnels alors que l’espace physique de nos allers et venus ne sont pas non plus assez prodigieux pour que l’esquive ne structurent pas nos pas. Il faudrait arrêter de payer les personnages et qu’ils arrêtent de s’agiter et de créer les mouvements rendant vivant le réseau des transports individuels.

Ca me rend fou et pourtant je voudrais mener une autre dans une danse.