Il y sans doute des choses intéressantes à raconter ou à écrire depuis qu’une connexion décente au réseau s’est installé chez moi mais je crois bien que les chemins du silence me plaîsent. Ce n’est pas comme si je ne disais plus rien mais bien plus que je n’arrive plus à faire parler ce rien qui pour me contredire ne fait que croître dans l’expansion du manque (de temps surtout, le reste va plus que bien).

Je dois me confesser, j’ai écris beaucoup de lettres sans jamais en faire part aux destinaires. C’est un exercice troublant, j’aime à croire que c’est l’inverse strictement de ces guignolades d’écritures intimes qui s’exposent sans l’avouer mais toujours avec cette arrière-pensée que ce qui est fait pour être écrit est fait pour être lu. Je préfère donc détruire ces correspondances plutôt qu’autre chose, c’est une simulation rituelle qui remplace bien d’autres rites de comédiens. Je m’en contente et puis … J’espère voir survivre ceux qui font de même. Ranger ou brûler, les textes fonctionnent alors de la même manière. Quand on a des idées ou l’intention d’en avoir, c’est simplement criminel de dilapider les possibilités d’écrire et de croire que toute la littérature peut tenir en un seul lieu, que tout est littéraire au détriment des idées claires. C’est donc tout autant un crime que de se taire parce que l’on ne dit rien ou que l’on veut trop dire en une seule fois. L’urgence n’est pas dans le nombre de mots, vite et beaucoup, mais dans la mise à nu par la difficulté de la multiplication des styles.