Les bourdonnements sont revenus. Le symptôme n’est qu’un compromis. J’ai du lire ça dans de la littérature psy ou patho. Les signes sont regroupés la descente de grandes rues en regardant béatement l’alignement des lampadaires, se réjouir de l’étrange bruit sourd de la circulation parisienne et, dans d’autres circonstances avoir cette étrange impression qu’il manque une image sur deux comme si le film avait été réalisé avec un appareil photo. Le temps, devenu minuscule, m’a été volé mais je crois que ça remonte à bien plus longtemps que cela. C’est comme s’il ne s’était rien passé depuis cet hiver. Quand on me pose la question, je répond généralement évasivement qu’il n’y a qu’à aller voir du côté de la bibliographie de mon autre vie. Mais en réalité, je me souviens de choses donc quelque chose à s’effacer ou à se faire disparaître (les images ?). J’ai vu d’autres personnages mais tout s’agite comme pour me faire croire qu’ils ne sont que fiction. J’ai par exemple lu Anne ou quand prime le spirituel. Le roman m’a beaucoup plu et je pourrais certainement en faire une synthèse comme j’en ai l’habitude par la copie. Non pas que je me pense au niveau de Momone mais simplement parce que c’est ça l’effet de la bonne littérature quand les mots commencent à traverser le quotidien du lecteur.

J’éprouve cependant un dégoût profond pour ceux qui prétendent savoir ce que veulent dire lire et écrire. J’ai l’intime conviction que je ne saurais jamais ce qu’est l’écriture et la lecture et c’est pour cela que je me permet d’y dépenser une énergie folle. L’écriture ne devient torture que dans la négation de cette énergie, autrement dit dans la tension que l’on peut éprouver face aux vides du langage.

Donc après en avoir fini avec Anne, je me suis rendu à Sainte-Geneviève et son ambiance Richelieu plutôt qu’à « la Nationale », dans sa version récente, qui est un peu mon chez moi en ce moment. J’y ai retrouvé cette ambiance à base de table en bois et de chuchottements. Ca n’a durer que trente minutes parce que c’est simplement insoutenable de n’avoir que la moitié de l’image.